10 avril 2009
KABILA INSULTE SES MINISTRES, DEPUTES, SENATEURS, .....LE DEBUT DELA RAGE
Dans
une interview accordée dernièrement au journal américain « New York
Times », le Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, s’est appesanti
sur plusieurs questions, notamment celle liée aux opérations militaires
conjointes de traque des FDLR par les armées rwandaise et congolaise,
les dossiers d’extradition de
Laurent Nkunda, le travail de la Monuc,
le mandat d’arrêt de la CPI contre Bosco Ntanganda, le projet
d’implantation d’une base militaire américaine en RDC, sa vision du
mandat d’Obama, ses loisirs, les contrats chinois, le massacre du
Bas-Congo, son entourage, etc. Alors que l’ensemble de l’entretien
apporte un tas de réponses sur la gestion des affaires publiques dans
notre pays, Joseph Kabila a surpris tout le monde en avouant
publiquement qu’il n’avait pas, à ses côtés, les hommes qu’il faut pour
l’aider dans ses lourdes charges d’hommes d’Etat.
L’homme seul ? «Avez-vous les bonnes personnes pour vous épaulez ? ».
Telle est la question de New York Times. Il semble que Joseph Kabila
aurait marqué une longue pause avant de répondre : « Mobutu a dirigé ce
pays pendant plus de 32 ans. Il a créé une classe politique et une
mentalité et nous n’en avons pas encore fini avec cela. Les anciennes
méthodes sont mauvaises – corruption, mauvaise gouvernance, mauvaise
gestion et tout cela. Notre plus grande erreur, c’est que nous n’avons
pas eu assez de temps pour préparer et former nos propres cadres. Vous
n’avez pas besoin d’un millier de personnes pour transformer un pays.
Non, vous avez besoin de 3, 4, 10 ou 15 personnes, avec des
convictions, déterminées et résolues. Ai-je ces 15 personnes ?
Probablement, seulement 5, 6 ou 7, pas encore 15 ». A toutes fins
utiles, nous proposons également la version anglaise au public : « Q.
Do you have right people to help you ? R. (Long pause). Mobutu led this
country for over 37 years. He created a political class and he created
a mentality and we haven’t done away with that. The old ways are bad –
corruption, misrule, mismanagement and all that. Our biggest mistake is
that we have not found enough time to train and form our own cadres?
You don’t need a thousand people to transform a country. No, you need
3, 4, 10, 15 people with necessary convictions, determined and
resolute. Do I have those 15 people? Probably 5, 6, 7… not yet 15”. A
l’audition de tels propos, on croit tomber des nues. Dès lors, le
commun des Congolais se demande si Kabila ne serait pas l’homme seul,
comme « Kasa-Vubu au cœur du drame Congolais », « Mobutu le
Président-Fondateur du MPR, le Timonier, le Guide éclairé, le Père de
la Nation… à qui le peuple zaïrois devait tout », ou « Mzee Laurent
Désiré Kabila, le libérateur ». Apparemment, il est obligé de ne
s’appuyer que sur 6 à 7 personnes, c’est-à-dire moins de 10, dans un
pays qui revendique déjà 70 millions d’habitants, pour faire bouger les
choses. C’est grave. Tirer les conséquences du « vide »… Lorsque Joseph
Kabila déclare tout haut et sur la place publique qu’il n’a pas encore
trouvé 15 personnes capables de l’aider dans son projet de
transformation du pays, cela appelle une auto-interpellation chez
chacun de nos concitoyens d’abord et chez ceux qui participent, comme
mandataires actifs ou passifs, à la gestion courante des affaires
publiques ensuite. Congolaises et Congolais cherchent à savoir la
raison d’être d’un cabinet présidentiel composé de plusieurs dizaines
de conseillers, d’un gouvernement de près de 60 membres, d’un Parlement
de 500 députés et 120 sénateurs, si le Chef de l’Etat a du mal à
trouver 15 collaborateurs compétents, patriotes, loyaux…bref, comme
diraient certains, « vertébrés ». On peut penser que plus de 8 ans
après son arrivée au pouvoir, Joseph Kabila évolue dans un
environnement où il a le sentiment du vide, en termes de déficit
d’hommes et femmes réellement engagés pour la cause de la paix, de
l’unité nationale, de la reconstruction (5 chantiers), de la lutte
contre les antivaleurs, de la réforme de l’armée et de la police
nationales, etc. Pour d’aucuns, après l’aveu fait dans les colonnes de
New York Times, le Chef de l’Etat devrait tirer les conséquences de la
sécheresse des compétences dans son entourage. Il lui faudrait
peut-être ratisser large, au-delà des faucons plus aguerris dans l’art
des coups bas que celui de la refondation de l’Etat-Nation détruit par
les années de plomb, des jouisseurs qui ont pris en otage les
institutions de la République, des thuriféraires occupés à exhumer le
Parti-Etat et la pensée unique, des architectes de la tribalisation des
fonctions politiques, techniques et administratives, etc. Des talents
et patriotes cachés, qui se comptent certainement par milliers, rongent
leurs freins à l’ombre de ceux qui ont pris le pays en otage. Les
Congolaises et Congolais attendent de lui un travail urgent de
nettoyage des « écuries », de manière à réduire de manière drastique
les effectifs à tous les niveaux de décision et de gestion de la
République. Pourquoi n’innoverait-il pas à mettant en place un cabinet
présidentiel de moins de 10 conseillers et un gouvernement de moins de
15 ministres ? Le mal dont il vient de se plaindre tient surtout à la
pléthore des personnels politiques, ce qui dilue l’efficacité dans la «
récréation » permanente, le clientélisme, le régionalisme, le
tribalisme, la recherche de l’enrichissement rapide et facile, le
règlement des comptes, les interférences du « pouvoir parallèle », etc.
C’est maintenant ou jamais, que le choix de l’excellence s’impose à
lui.
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